__ Mary CASSATT ___Peintre impressionniste___1843-1926 __

__ Mary  CASSATT ___Peintre impressionniste___1843-1926 __

8-. 1900 et après ...

   1900 et après...

 

 

 

 

 

 

En 1900, Mary CASSATT un peintre célèbre, dont la participation au mouvement impressionniste est désormais reconnue comme un titre de gloire,  est d’autant plus appréciée qu’elle ne s’est pas laissé glisser sur la pente du modernisme. On lui demande de plus en plus de « mères et ’enfants », un sujet auquel elle ne cesse de s’appliquer afin de le renouveler, toujours affirmant sa technique et donnant une grande importance aux vêtements dont sont parés ses modèles. Alec, qui vient de faire un brillant retour au Pennsylvania Railroad comme Président, vient à Paris, à l’occasion de l’Exposition Internatinale, accompagné bien sûr de Loïs GARDNER et Jenny ; mais curieusement, Mary n’est représentée dans aucune section artistique, ni du côté américain, ni du côté français et l’on peut croire que c’est elle qui a refusé d’y participer. DURANT-RUEL a toujours l’exclusivité de ses derniers travaux mais d’autres marchands de tableaux s’intéressent à elle, notamment la Galerie BERHEIM qui achète des œuvres revenues sur le marché. L’hiver, elle est à Paris ; l’été, dans son château de Beaufresne.

Au printemps 1901, Mary est rejointe par Louisine HAVEMEYER, tout juste arrivée à Gêne, avec son mari , pour acheter en Italie des œuvres de grands maîtres qui dans des collections privées ne seraient pas hors de prix. Mary sera pour eux l’expert à l’œil infaillible. Ce tour d’Italie les fait descendre jusqu’enSicile, passant par Rome, Milan, Bergame et Florence, visitant les musées, furetantchez les antiquaires, s’introduisant chez les particuliers qui possèdentquelques trésors.

A Florence, comble de bonheur pour ces amateur d’art, ils trouvent un VERONESE,un portrait de femme, qui séduit tellement Mary, qu’elle l’’achèterait elle-même si ses amis n’en voulaient pas. Après l’Italie, ils se rendent en Espagne, ou ils tombent tous trois en admiration devant LE GRECO, dont les HAVEMEYER achètent quelques œuvres.

Après ce voyage, qui a duré deux mois, Mary continue à s’occuper de la collection des HAVEMEYER et pour cela elle dispose de fonds particuliers. CASSATT, qui ne secontente pas de donner des conseils, constitue pour elle-même une collection d’estampes japonaises, de miniatures persanes,  d’objets décoratifs de différentes périodes, avec quelques œuvres de Maitres, tels un petit relief de DONATELLO, une peinture de Simon VOUET et surtout des œuvres des Impressionnistes, DEGAS, MONET,MORISOT, CEZANNE, PISSARO …

 Avoir étudié de près tant d’œuvres remarquables lui donne un nouvel élan pour se remettre au travail, impressionnée surtout par l’assurance dont fait toujours preuve GOYA.  Huiles et pastels continuent de célébrer la figure de la mère, à laquelle elle adjoint maintenant deux enfants,  compliquant  ainsi ses compositions. Difficile alors de nepas penser aux innombrables tableaux représentant la Vierge Marie, l’enfant Jésus et le petit Jean

En 1904, une ses  peintures, la CARESSE, exposée à l’exposition annuelle des Beaux Arts de Pennsylvanie, lui vaut de recevoir un prix prestigieux en Amérique. Elle a vêtu le modèle qu’elle a fait poser pour la mère d’une robe de velours qui accentue la ressemblance avec la
grande peinture religieuse, façon TITIEN et VERONESE. Ce même tableau exposé ensuite à Chicago obtient un autre prix ; elle demande qu’on verse le montant à un de ses jeunes confrères , Alain PHILDRICK qui en a plus besoin qu’elle ; elle peut alors se féliciter d’être pleinement reconnue dans ce pays qu’elle a quitté depuis longtemps mais où il lui importe de triompher. le PETIT DEJEUNER AU LIT, celui que prennent une mère et un enfant, est exposé dans la galerie new yorkaise de DURANT-RUEL où il est désigné par l’importante revue d’avant-garde .

L’Académie  de Pennsylvanie lui demande même de faire partie de son prochain jury, mais elle, qui avec les Impressionnistes s’est opposée au Salon, ne veut pas être amenée à juger de jeunes artistes et elle déclare que seule doit régner une entière liberté. De retour à Paris, elle concrétise autrement ses liens avec l’Amérique en créant une bourse permettant à deux jeunes artistes américains de séjourner pendant un an à ST QUENTIN pour y étudier les œuvres du Maître du pastel, Maurice QUENTIN LA TOUR. Elle devient aussi Présidente Honoraire de l’Arts-League, l’Association qui vient en aide aux étudiants américains. D’ailleurs, nombreux sont ses jeunes compatriotes, pleins d’admiration, qui viennent la voir et qu’elle accueille aimablement. Quand Anna THORNE arrive au Mesnil-Théribus elle ne connaît pas l’adresse de l’artiste ; elle demande simplement où habite la célèbre femme-peintre, ce qui suffit, bien sûr, pour la mettre  sur le chemin du Château de Beaufresne, où l’accueille Mathilde VALLET. Celle-ci l’introduit auprès de Mary CASSATT, très digne, trônant majestueusement, fière, austère, une coiffe brodée posée sur sa chevelure blanche ; et cette artiste qu’elle rêvait et à laquelle elle offre un bouquet de violettes. Mary  CASSATT commence à lui dire, sans sourire, qu’elle n’aime pas les Américains ! Elle l’invite tout de même à s’asseoir et à converser, regarde avec attention un carnet de croquis que la jeune visiteuse lui soumet et finit par lui dire, d’une manière peu encourageante,qu’il faut beaucoup de temps pour devenir artiste

Chevalier dela Légion d’Honneur en 1904, elle continue de travailler, le matin surtout avant d’aller se reposer dans son jardin de roses ou de faire un tour dans l’automobile qu’elle vient d’acheter. Elle lit beaucoup, ainsi qu’elle l’a toujours fait, avec une affection particulière pour Henry JAMES et Jane AUSTEN.

A Paris, elle continue de voir de temps à autre DEGAS, dont elle s’est éloignée au moment de l’affaire DREYFUS ainsi que les critiques Théodore DURET et Roger MARX ; elle voit aussi Michel MANZI collectionneur, marchand et éditeur , ami de DEGAS et défenseur de TLULOUSE-LAUTREC, ; elle rencontre également des Américains de France, ses amis William SLOANE et Lilla CABOT-PERRY, qui a ses habitudes à Giverny, d’où elle lui apporte des nouvelles de MONET. La mort de PISSARRO en 1903, celle d’Alec en 1906, puis celle de Harry HAVEMEYER l’année suivante, la bouleversent beaucoup.

En 1906, elle est furieuse, à juste titre, de ne pas être représentée dans l’exposition d’impressionnistes organisée par DURANT-RUEL à Londres. Aussi rompt-elle le contrat d’exclusivité qui la liait au marchand. Elle reçoit alors Ambroise VOLLARD à Beaufresne en 1908. Elle expose aussi bien chez lui que chez DURANT-RUEL

Cette même année, elle va voir une exposition d’un peintre qui paraît alors à l’avant-garde, Henri MATISSE dont le fauvisme a fait exploser les couleurs de l’Impressionnisme. Elle n’aime pas, ne comprend pas cette peinture excessive, de même qu’elle est choquée par ce qu’elle voit sur les murs de GERTRUDE et LEOSTEIN , ces admirateurs de PICASSO. L’anarchie, selon elle, s’empare malheureusement des arts et elle pense qu’il n’y a qu’une crise passagère. Cette même année, elle fait un voyage en Amérique, peu de temps après avoir reçu la visite de Louise HAVEMEYER et  de sa fille

Elle tient à être auprès de son amie au moment de l’anniversaire de la mort d’HARRY, mais elle ne reste qu’un mois en Amérique, où elle fait aussi un bref séjour auprès
de son second frère Gardner. En décembre 1910, Mary CASSAT, son frère, sa belle-sœur et ses deux neveux partent pour Constantinople, d’où ils rejoignent l’Egypte où ils ont l’intention de passer deux mois dans une felouque luxueuse sur le Nil.
C’est un beau projet, mais tout se passe assez mal : à peine y sont-ils depuis une semaine que Gardner tombe malade. Il faut patienter à Louqsor, en consultant des médecins qui ne le remettent qu’à moitié sur pieds. Mary, elle, peu encline au tourisme, peu habituée à être cantonnée, désormais privée de Mathilde VALLET, s’ennuie et ne parvient guère à travailler en raison de la
chaleur. Si le Musée du Caire l’a enthousiasmée, elle trouve que les trésors de la vallée du Nil relèvent plus de l’archéologie que de l’art, ou bien que c’est un art trop masculin. La santé de Gardner est tellement peu brillante qu’il meurt à son arrivée à Paris, à l’hôtel Crillon. Elle-même qui a maigri d’une dizaine de kilos, est fatiguée et il lui arrive de s’évanouir. Il lui faut désormais accepter d’être vieille, malade, atteinte de diabète, dormant mal,
facilement déprimée. C’est dans cet état que la trouve Louisine, venue la voir en 1911. Mary reprend tout de même des forces en retrouvant Beaufresne. Elle a même un courtisan, en la personne d’un banquier américain, amateur d’art, séparé de sa femme , qu’elle retrouve à Cannes, mais dont elle refuse une proposition de mariage.

 

 

 



24/11/2012
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