__ Mary CASSATT ___Peintre impressionniste___1843-1926 __

__ Mary  CASSATT ___Peintre impressionniste___1843-1926 __

5- La femme moderne

   

   

 

La  femme moderne

 

 

  

 

    Au cours de l'hiver 1886/87 Mary CASSATT une fois de plus déménage, tout en restant dans le quartier des Champs Elysées. Elle s'installe, toujours avec ses parents, rue de Marignan. L'appartement est assez grand pour qu'elle puisse y avoir son atelier et la cour aménagée peut accueillir une voiture et un cheval, un luxe bien éloigné des rigueurs de la bohême auxquelles sont contraints encore bien des artistes d'un renom qui n'est pas moindre que le sien. Dans cette nouvelle installation elle est heureuse de recevoir successivement ses deux frères. Alec d'abord, qui s'est retiré des Chemins de Fer pour se consacrer à l'élevage des chevaux de course, Gardner ensuite, en 1888, accompagné de sa femme Jenny, avec laquelle elle a une meilleure complicité qu'avec son autre belle-soeur. Preuve de la forte relation que toute la famille CASSATT entretient avec la France; le fils aîné d'Alec, Eddie, qui vient de fêter ses dix-huit ans, entre à St Cyr où il passera un an avant d'entrer à Westpoint, l'école militaire américaine. Mary fait, au pastel un nouveau portrait de Loïs travaillant à une tapisserie. Elle peint aussi Jenny, avec son bébé, Gardner junior, et c'est le premier tableau d'une longue série de « maternités », dont elle va bientôt se faire une spécialité et qui va lui assurer une nouvelle notoriété.

Le retour en France de Louisine EIDER, en 1889, lui permet de retrouver sa grande amie avec laquelle elle est restée en contact et qui montre à son égard une relation chaleureuse et confiante qui s'est forgée quelques années auparavant,quand elle a pu compter sur Mary pour l'aider à augmenter la collection d'oeuvres d'art ancien et moderne qu'elle constitue avec la complicité de son mari. Par ailleurs, si elle garde de bonnes relations avec DEGAS et PISSARRO ( elle participe avec eux et BRAQUEMOND à la première des expositions annuelles des peintres-graveurs chez DURAND-RUEL ), elle est moins liée avec ses confrères en peinture qu'avec celui qui est son marchand à Paris et à New York, et avec ses enfants. PISSARRO n'est guère à Paris et le passage au pointillisme de SEURAT, qui voudrait être l'accomplissement de l'impressionnisme, lui paraît incongru. Degas est bien encore le peintre dont elle est artistiquement le plus proche mais son mauvais caractère n'en fait pas  un ami facile et elle trouve qu'il a trop de mal à reconnaître ce qu'il lui doit, considérant un peu trop qu'elle fut son élève, alors que selon elle, il n'a pas manqué non plus de s'inspirer d'elle. Il leur arrive tout de même de dîner ensemble, avec Berthe MORISOT et Stéphane MALLARME.

A quarante cinq ans, Mary CASSATT, américaine de Paris et artiste célibataire, nous donne l'image d'une parfaite réussite sociale. L'été 1889, elle loue à Septeuil une grande maison, « La tournelle », dans laquelle a vécu le peintre paysagiste Antoine CHENTREUIL, un fameux adepte du plein air qui est mort à l'aube de l'Impressionnisme. Tout irait bien si une malencontreuse chute de cheval sur les Champs Elysées ne l'immobilisait avec une jambe cassée. Elle se remet bien de cet accident et montre à l'exposition des peintres-graveurs de 1890 une douzaine de pointes sèches qu'elle a tiré elle-même sur la presse dont elle dispose désormais dans son atelier. Pour plus de la moitié, représentent des mères avec un jeune enfant et elles ont beaucoup de succès.

L'exposition d'estampes japonaises qui a lieu en avril 1890 à l'Ecole des Beaux-Arts la bouleverse. Il y a là, plusieurs centaines de gravures en couleurs ( des bois gravés ) qu'elle regarde attentivement et qui lui feront écrire à Berthe MORISOT, qui est alors à la campagne, de venir dès que possible voir ces oeuvres étonnantes.« Vous ne devez pas la manquer. Vous ne pourrez rien imaginer de plus beau. » La belle soeur d'Edouard MANET lui obéit, vient déjeuner avec elle et partage son enthousiasme: toutes deux vont maintenant graver sur les traces de ces géniaux japonais et comparer leurs expériences. Elles sont voisines, Mezy-sur-Seine est proche de Septeuil. Mary se remet de l'accident des Champs- Elysées, qui avait également blessé son chien , réduit sa voiture  en pièces  et lui avait laissé un impressionnant coquard. Avec l'aide d'un technicien CASSATT réalise alors une suite d'une dizaine de gravures en couleurs tirées à 25 exemplaires, qu'elle montrerait à l'exposition des peintres-graveurs de 1891 si les organisateurs de cette manifestation ne décidaient de la réserver aux artistes de nationalité française. Heureusement, DURAND-RUEL, qui en est l'hôte, décide de montrer à part les gravures de Mary, ainsi que celles de PISSARRO qui a gardé sa nationalité danoise. Elle en profite pour adjoindre à ses estampes 2 tableaux et 2  gravures. Berthe MORISOT, au même moment, fait l'objet dans la galerie d'une quatrième exposition, dans laquelle elle montre une quinzaine de peintures et de dessins. Le critique Félix FENEON fait l'éloge des  oeuvres de Mary CASSATT et remarque judicieusement qu'elle donne toujours à ses femmes de belles mains masculines.

 

 

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01/06/2012
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